László KÁLNOKY (1912-1985) * Extrait des notes d'un artiste forain

Publié le 27 Mai 2010

 

 

EXTRAIT DES NOTES D'UN ARTISTE FORAIN


Farine, couleurs, nous barbouillons notre visage,

nous nous jetons dans la sciure en culbutes, 

nous laissons l'autre avoir honte pour nous, 

nous pirouetteurs, nous comédiens,

jusqu'à trouver enfin,

cet équilibre instable dont

le prix est un compromis âpre.


Il s'écoule comme l'action sur la scène,

il s'écoule comme le temps de la mansuétude,

il s'écoule comme les pourparlers du soir,

il s'écoule comme l'exécution au petit matin,

il s'écoule comme l'eau de la pluie sur le mur,

il s'écoule comme sur le miroir sans regard le crachat.


traduction : Maurice Regnaut

 

 

 



EGY MUTATVÁNYOS FELJEGYZÉSEIBŐL

Arcunkat liszttel, festékkel bekenjük,

a fűrészporban bukfencet vetünk,
hagyjuk, hogy más szégyenkezzék helyettünk,
és piruettezünk, komédiázunk,
hogy végre megtaláljuk
az ingatag egyensúlyt, aminek
fanyar megalkuvás az ára.
*
Lefolyik, mint színpadon a cselekmény,
lefolyik, mint a türelmi idő,
lefolyik, mint az esti tárgyalás,
lefolyik, mint a hajnali kivégzés,
lefolyik, mint esővíz a falon,
lefolyik, mint vak tükrön a köpés.


Rédigé par Flora

Publié dans #traductions

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José Le Moigne 28/05/2010 00:31


Un poème qui n'est paisible qu'en apparence. Très beau.
Merci de ces regards vers l'autre.
Amitiés
José


Flora 28/05/2010 08:39



Tu as entièrement raison : j'aime son regard de calme lucidité (cela n'empêche pas d'en avoir un différent...).


Amitiés: R. 



fbd 27/05/2010 17:41


un texte qui me fait penser aux misérables forains de Picasso


Flora 27/05/2010 19:17



Je pense que cela peut même se comprendre comme la métaphore de l'artiste, dans un contexte où il n'est pas l'enfant gâté des Dieux...