János Pilinszky (1921- 1981) * Je crois bien

Publié le 25 Juillet 2011

 

 JE CROIS BIEN

Je crois bien que je t'aime;
les yeux clos, je pleure par ta vie.
Cependant vois-tu, les dieux,
la poussière et le temps
dressent de si lourdes collines
entre nous,
que parfois, de l'amour
l'angoisse misérable 
et le vertige me saisissent.

Alors, au fond de mon lit j'ai peur
comme la nature à minuit,
silencieuse et immobile.

Puis, 
je crois de nouveau que nous sommes l'un à l'autre,
que ma main rejoint la tienne.
traduction: R.T. (alias flora) avec la collaboration de Muriel Verstichel

AZT HISZEM

Azt hiszem, hogy szeretlek;
lehúnyt szemmel sírok azon, hogy élsz.
De láthatod, az istenek,
a por, meg az idő
mégis oly súlyos buckákat emel
közéd-közém,
hogy olykor elfog a
szeretet tériszonya és
kicsinyes aggodalma.

Ilyenkor ágyba bújva félek,
mint a természet éjfél idején,
hangtalanúl és jelzés nélkűl.

Azután
újra hiszem, hogy összetartozunk,
hogy kezemet kezedbe tettem.
                                            
                                                       (1971)

Rédigé par Flora

Publié dans #traductions

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B.L. 14/08/2011 21:49


Grand merci de cette traduction. J'aime beaucoup ce poète, mais j'ignore le hongrois, et je suis très reconnaissante envers ceux qui permettent d'accéder à son oeuvre. Continueriez-vous? B.L.


Flora 30/08/2011 09:49



Merci de votre passage, B.L. Sur mon blog, vous avez un éventail de choix d'auteurs hongrois traduits (par d'autres ou par moi-même). Je tiens à continuer, pour les faire découvrir, aussi
imparfaitement que la traduction le permette, à des Français curieux de la culture véhiculée par une autre langue...


Pilinszky, poète majeur du 20e s. fait partie du programme. 



André 04/08/2011 08:52


J'ai lu et relu ce poème et en reste ému, quel talent.
@+


Flora 05/08/2011 18:42



J'aime particulièrement Pilinszky, je prépare quelques traductions dont c'est la première pièce.



fbd 27/07/2011 08:55


la raison contre la passion…


Flora 27/07/2011 10:40



Pour la façade mais par affection...



fbd 26/07/2011 20:22


Alors oui, encore plus de doutes dans ce cas…


Flora 26/07/2011 20:42



il s'est pourtant marié comme il fallait...



Mu 26/07/2011 20:09


Bonsoir Très Chère Flora,
je ne me rappelais plus la simplicité profonde de ce poème de Pilinszky... Difficile de ne pas trahir à la fois les mots et les sensations de l'auteur au moment de la création, les images, la
musique et le vocable et pourtant, il faut bien qu'ils voyagent dans la langue ces poèmes, dans la leur et dans la nôtre, dans celle du cosmos comme soleil et lune, dans celle des yeux comme autant
d'étoiles... Quelle merveille que la langue ! Encore ! Encore !
Je pars demain très tôt, bonnes vacances à toi !


Flora 26/07/2011 20:57



Bonnes vacances à toi, ma chère Mu, recharge tes batteries pour la rentrée!