István Örkény (1912-1979) * "Amour-propre professionnel"

Publié le 9 Mai 2011

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Je ne suis pas facile à abattre!

J'ai une maîtrise parfaite de mes émotions.

Je ne laissai rien paraître, pourtant, le labeur acharné de toute une vie, la reconnaissance de mes talents, tout mon avenir étaient en jeu.

-  Je suis artiste animalier, dis-je.

-  Que savez-vous faire? demanda le directeur.

-  J'imite les cris des oiseaux.

-  Hélas, fit-il avec dédain, c'est passé de mode.

-  Comment? Le roucoulement de la tourterelle? Le pépiement du moineau? Le courcaillement de la caille? Le cri de la mouette? Le grisollement de l'alouette?

-  Du passé, fit le directeur, las.

Cela me fit mal. Mais je ne laissai rien paraître, je crois.

-  Au revoir, dis-je avec politesse et m'envolai par la fenêtre ouverte.

traduction: R. T.  /flora    István Örkény: Egyperces novellák 

István Örkény (1912-1979) * "Rien de nouveau"  un autre texte du même recueil


Rédigé par Flora

Publié dans #traductions

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fbd 12/05/2011 11:57


ah oui, j'ai aussi pensé à du Prévert


Flora 13/05/2011 09:14



Oui, c'est assez poétique...



bernard moutin 11/05/2011 09:33


très joli, très léger


Flora 12/05/2011 09:13



Il a fait tout un recueil de ces "nouvelles" dont la longueur varie entre quelques lignes et quelques pages.



tilk 10/05/2011 22:47


très poétique ce texte.....j'aime beaucoup

besos
tilk


Flora 11/05/2011 08:53



Merci beaucoup, tilk, de votre visite et de votre écho!



litteratus 09/05/2011 18:01


Cette poésie me fait penser à du Prévert ! bravo à la traductrice...


Flora 10/05/2011 10:34



Merci, chère Litteratus.


Örkény appelait son recueil "Nouvelles d'une minute"  -  allusion à la longueur des textes. A sa parution (années 1970) le recueil a été un grand succès.