Hommage...

Publié le 26 Novembre 2011

 

maman de Vera Erdinç NEW

 Ce matin, un message de Vera Oliveira-Erdinç m'a soudain ramenée 23 ans en arrière... L'année où j'ai peint ce portrait à Istanbul. Elle m'apprend le décès de sa mère, survenu tout juste il y a un mois, au Brésil. Ce portrait est donc revenu avec Vera à Istanbul.

   Vera a été le professeur de piano de notre fils, elle l'a initié à cet instrument durant 4 ans. Les leçons ont eu lieu chez elle ou chez nous, dans la pièce qui servait aussi d'atelier de peinture pour moi. Vera, pianiste de grand talent, mariée au chef d'orchestre turc renommé Erol Erdinç, est devenue une amie très chère pour moi. Nous avons fait des sorties culturelles ensemble et surtout, nous avons beaucoup discuté. A l'époque, j'ai fait toute une série de portraits à l'huile et mes modèles  -  des amis, la plupart du temps  -  venaient poser pour quelques séances dans mon atelier, surnommé le "confessional de Cihangir"... Une exposition a clôturé cette série de portraits. (sur la photo, avec Vera au vernissage)

vernissage-Istanbul_NEW.jpg

   Sa mère, en visite du Brésil, a posé pour moi, à la demande de sa fille. Ces deux fois 2 heures restent un souvenir étrange et inoubliable. Habituellement, pendant les poses, je fais la conversation à mes modèles, pour les mettre à l'aise  -  et peut-être aussi à cause de ma nature bavarde, incapable de se taire... Là, silence total. Je ne parle ni l'anglais, ni le portugais. Elle ne connaissait aucune des langues que je pouvais lui proposer. Que peuvent raconter les yeux? De temps en temps, je devais la dévisager pour porter son visage sur la toile. Elle-même ne cessait de me fixer avec son regard intense, pénétrant, magnifique... Troublant même, comme si elle avait eu le pouvoir de regarder au fond de mon âme... Je n'ai jamais vécu une rencontre aussi étrange et qui m'a marquée pour toujours.

Rédigé par Flora bis

Publié dans #mémoires

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michel.cristofol.overblog.com 28/11/2011 10:12

Le moment de la richesse d'une rencontre fixée à jamais sur une toile. Si la lecture est évasion dans le temps, la peinture et l'écriture en sont par contre la fixation même. Un sacré confessionnal
où l'on aimerait bien livrer toute la nature son âme et où l'on envie tous ceux qui y ont eu la chance d'y passer !

Flora bis 28/11/2011 11:22



La lecture est évasion mais l'écriture en fixe la possibilité! 


La période du "confessionnal" a été, en effet, une riche expérience. 



JML 27/11/2011 09:05

Je confirme l'existence de ce "confessionnal de Cihangir" dont on ressortait sans pénitence aucune...bien au contraire...

Flora bis 27/11/2011 09:54



C'est vrai, tu étais un des fidèles et qui m'encourageais avec beaucoup d'amitié! Et toute la famille est passée "au confessionnal"!



litteratus 26/11/2011 18:33

Le modèle qui déshabille le peintre en somme !

Flora bis 27/11/2011 09:01



Etrange expérience!


Merci de votre visite, Litteratus.