Gyula Illyés (1902 - 1983) : Voiliers

Publié le 7 Décembre 2009



VOILIERS

Pour Paul Eluard


Ni ceci, ni cela. Ni les feuillages secs 
Des sourires  fanés, ni les vapeurs d'automne
Pesant sur le pays las de tes rêves de l'aube
N'arrêteront plus le coeur qui se laisse emporter

Le coeur qui s'endort en des terres plus lourdes
Que tous les lourds soupirs de cruels messages
Emporte impassible aux flots âcres des draps
Flots âcres des nuages vers l'avenir des eaux

Dans un pays profond profond pour les yeux
Saisis par les souvenirs d'un départ sans adieux
Sans larmes sans au-revoir.
                                    
(écrit en français,  1924)

Gyula Illyés, figure éminente de la poésie hongroise du vingtième siècle, passe, dès l'âge de vingt ans, quelques années à Paris, suivant des cours à la Sorbonne, publiant en français dans des revues d'avant-garde. Ami d'Eluard, de Cocteau, d'Aragon et de Tzara, il aurait pu devenir un écrivain français comme tant d'autres. Mais il préfère rentrer en Hongrie et prendre la tête des écrivains "populistes". Plusieurs de ses recueils et de textes en prose sont parus en français, entre autres, aux éditions Seghers, Gallimard et dans une Anthologie de la poésie hongroise des éditions du Seuil en 1962. 

 

Rédigé par Flora

Publié dans #traductions

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tilk 10/12/2009 23:57


très beau poème
tilk


Flora 13/12/2009 20:17


Merci beau coup, Tilk, pour ce grand poète.


mich 10/12/2009 22:30


Kedves Flora, peut-être aurez-vous envie et le temps d'esquisser une traduction - je m'y réemployerai un de ces jours aussi...

Donc voici le poème "Vitorlások" dans le recueil "Uj versek" (recueil commençant par le poème "Túl az innenen" - puisqu'il y a un recueil antérieur ayant aussi pour titre "Uj versek" mais beaucoup
plus bref)

Je le copie - en ajoutant des tirets au début de chaque vers pour respecter leur disposition comme cela se présente p 43 dans l'ouvrage édité par Szépirodalmi könyvkiadó - 1961


Vitorlások

__Viz-suroló, lent suhanó
halászmadárként fut fehéren,
__száguld a vitorláshajó
a közeli vihar szelében.

__Más kettő épp oly feszülő
vásznakkal, épp olyan merészen
__vele lám szembe jő
az ember vadszeliditő kezében.

__Sakktábla már a tó, ahogy
__ez szögben, az ívben, amaz
__egyenes átlóban mozog.

__Öröm a szemnek. És vigasz!
__Neked vigasz, oh szív! Miért?
__Hogy ennyi erő összefért!


Flora 13/12/2009 20:16


Merci, Mich, pour la transcription de ce poème qui n'a, il est vrai, rien à voir avec le premier, écrit en français, si ce n'est que le titre.
Je ne pense pas être douée pour la traduction de la poésie, hélas.
Bon dimanche à vous. 


alain gegout 10/12/2009 10:34


merci Flora de ce message , je pense à vous


mich 08/12/2009 21:37


Que sait-il passé entre ce matin et ce soir ? Ai-je rêvé ? Il m'avait semblé voir le poème en hongrois, et voilà que je ne vois plus ce soir que la version en français, qui n'a pas grand'chose à
voir avec une autre version en hongrois! Mais puisque finalement vous avez choisi la version fr, alors je m'incline - pourtant le poème "Vitorlások" existe bien, il fut publié dans le recueil "Uj
versek" (en 1961)et on le trouve http://dia.pool.pim.hu/html/muvek/ILLYES/illyes00001_kv.html - mais je crois me souvenir qu'un copiright empêche la copie ici. Quant à moi, je ne retrouve plus mon
premier essai, et il se pourrait que finalement le premier texte étudié fut Vigasz - dans le même recueil. Alors je me trouve tout bête d'avoir évoqué mon "parcours" - je suis hors sujet! Toutes
mes excuses. Et merci pour vos fils.


Flora 09/12/2009 23:28


Dans mon recueil, il est marqué que le poème a été écrit en français : ce n'est donc pas une traduction. Je vais voir sur le lien que vous indiquez, merci beaucoup pour l'attention que vous portez
à la littérature hongroise, si difficile à pénétrer!


Ame chopinienne 08/12/2009 20:02


Très beau texte. J'en aime le rythme. Merci pour ces belles découvertes de poètes !


Flora 09/12/2009 19:01


Pourtant, il ne l'a pas écrit dans sa langue maternelle... ça fait réfléchir.
Merci de ton passage!