Dans le monde merveilleux des bisounours...

Publié le 2 Janvier 2012

DSCN0194 Je me moque... Notre époque m'intime la posture distante, pour ne pas dire cynique, en tout cas lucide, face aux débordements des "bons sentiments". Et pourtant, je me surprends à tomber dans le piège de l'émission mensuelle de Frédéric Lopez qui prétend vouloir nous apprendre à être heureux, du moins lâcher prise devant les émotions positives. 

   J'avais vu quelques unes des émissions de la série "En terre inconnue", j'avoue même avoir écrasé des larmes à certains passages. Je suis persuadée que l'émotion violente qui nous étreint naît de notre propre histoire, même si nous ignorons son origine. Quel événement ou image nous soutire des larmes? Ce n'est absolument pas anodin...  Pour ma part, je suis assez insensible aux manoeuvres intentionnelles s'attaquant à mes glandes lacrymales. Par contre, je me fais cueillir à peu près immanquablement par un beau geste gratuit ou l'expression d'une sincérité démunie. Il y a quelques années, un reportage à la télé a présenté quelqu'un, tout juste sauvé de noyade. On voyait la victime grelottant dans des couvertures, cherchant à remercier son sauveur. Celui-ci a déjà disparu... C'est le geste qui compte et non la récompense. 

   Pour en revenir à Frédéric Lopez, son cas semble assez unique dans le monde audiovisuel où chaque effet est commercialement calculé. J'espère que le succès croissant  -  et le gain d'Audimat  -  ne dénaturera pas son enthousiasme.

   Le sympathique expert en nos neurones qui le seconde et qui nous distille ses savants conseils en thérapie du bonheur, nous recommande la tenue régulière d'un cahier dans lequel noter les événements de la journée ou simplement, ce qui passe par la tête... Je peux vous confirmer, moi qui ai commencé cet exercice inconsciemment, poussée par un sentiment d'intime nécessité voici quatre ans déjà, que ça marche! Ce cahier m'accompagne partout, me rappelle à lui par un manque lancinant si je le néglige. Il m'a grandement aidée, j'en suis persuadée, à traverser les stations douloureuses du deuil, m'a réconciliée avec la solitude en en ouvrant les perspectives vertigineuses et m'a menée aux plaisirs jouissifs et dévorants de l'écriture. Dans ma langue d'adoption. 

Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions

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fbd 10/01/2012 10:08

Tu es trop modeste !! qualité rare remarque:))

Flora bis 10/01/2012 20:01



C'est gentil, Françoise, mais je pense sincèrement ainsi (et ceux qui me connaissent personnellement, le savent), non pas par modestie mais par lucidité...


C'est-à-dire, il y a certainement des moins bons que moi mais des bien meilleurs aussi! Alors, tout dépend à quelle extrémité on se place... Quand j'admire, je n'hésite pas à le dire; si je
n'aime pas, je passe mon chemin (sauf si on sollicite mon avis: alors, j'essaie de m'en dépêtrer avec le plus d'honnêteté et le moins de dégats possibles...)



fbd 09/01/2012 18:11

émouvant chemin de réflexion qui nous mène jusqu'à toi… et à la concrétisation de ton écriture "dans ta langue d'adoption", j'admire encore une fois!
J'ai essayé plusieurs fois de tenir un carnet, mais je me perds avec les mots, les choses deviennent de plus en plus embrouillées, il en ressort juste une confusion supplémentaire, lol… :-D

Flora bis 09/01/2012 19:19



Tu t'exprimes tellement bien avec crayons et pinceaux! Il est difficile de faire les deux activités en même temps et à fond, car elles demandent un engagement total. Alors, je reste une
dilettante heureuse et confortable dans les deux!



Mu 03/01/2012 16:59

Devant l'engouement pour le petit carnet et les confidences qu'il suscite...En 2003, à la suite d'un événement que je tairais, j'ai brûlé les 17 cahiers qui relataient mes expériences et réflexions
de 1982 à 2003... A présent, j'écris sur des petits carnets, pas facile de ne pas laisser de traces, mais il faut se méfier de ces écrins qui renferment pleins et déliés, ils sont pleins de secrets
que tous ne peuvent entendre, les murmures sont douloureux pour ceux qui s'intéressent aux bruits du monde...N'est-ce pas, Chère Flora ?

Flora bis 03/01/2012 17:17



Je pense qu'il faut être par ailleurs un grand écrivain ou poète pour que ses carnets présentent un intérêt pour le public. Sinon, c'est strictement personnel, même s'il n'enferme pas de secrets
sulfureux, tout simplement sans intérêt (du moins ce qui me concerne).Le plaisir personnel n'en est pas moindre.


Tu as le coeur trop généreux, ma chère Mu. Dommage pour tes cahiers...



Litteratus 03/01/2012 11:52

Je tiens un carnet de bord moi aussi qui joue un grand rôle dans ma vie...

Flora bis 03/01/2012 12:32



Le carnet mène donc beaucoup de monde à l'écriture! Réconfortant et encourageant. Aurais-je seulement le temps et le courage de le brûler avant la seonde décisive?...



Mu 03/01/2012 11:20

Merci Chère Flora de nous donner l'occasion de lire et de dire ce qui fait l'humain..car lire les commentaires des visiteurs est un grand plaisir. L'invisible aussi se manifeste, peut-être assis ou
assise sur cette chaise, dans ce jardin qui nous accueille certaines fin d'après-midi et nous porte plus avant dans l'amitié sous le regard compatissant du haut clocher qui quelques fois doit nous
envier d'avoir les pieds sur terre !!! Bisous et merci aux visiteurs !

Flora bis 03/01/2012 12:30



Merci à toi pour la contribution: elles font la richesse de ce blog!