Bribes de mémoire 75. Ghardaïa, le M'Zab

Publié le 18 Octobre 2010

Gharda a 2En mars 1975, nous avons réalisé notre première expédition d'une semaine vers le Sud, jusqu'à El Goléa. Cela fait un millier de kilomètres de Constantine mais il en reste autant jusqu'à Tamanrasset! 

   Le but principal du voyage était Ghardaïa, ville secrète, cachée au fin fond du M'zab. Les ancêtres des habitants, les Mozabites, s'étaient retirés dans ces terres déshéritées, fuyant les persécutions religieuses. Dans un paysage lunaire, tout d'un coup, après le dernier virage, cinq petites villes se dressent sur cinq collines voisines. Emergeant de la palmeraie, les rues étroites escaladent les monticules, couronnées d'un minaret élancé, blanc ou ocre. Nous voici en pays mozabite.

   Les hôtels minuscules étaient complets et nous avons trouvé dans une des petites villes, à Beni Isguen, un hébergement de fortune qui nous a enchantés. En effet, la chaleur étant suffocante pendant une bonne partie de l'année, beaucoup d'habitants se réfugient dans leurs villas, dans la fraîcheur de la palmeraie. En mars, ces villas étaient encore disponibles.

   La nôtre, blanchie à la chaux à l'extérieur comme à l'intérieur, avec de petites pièces pour maison de poupée, au plafond bas en bois de palmier, meublées très sommairement d'un matelas par terre, était dépourvue de fenêtres. A l'étage, on trouvait l'immanquable terrasse pour y dormir à la belle étoile, pendant les nuits d'été...

   Je vous laisse imaginer  le lever du soleil sur cette même terrasse (voir photo ci-dessus), avec la mer verdoyante des cimes des palmiers à nos pieds, le calme absolu à l'abri des bruits de la ville, les ingénieux réseaux de barrages et de canaux d'irrigation pour recueillir les rares pluies.  

Rédigé par Flora

Publié dans #mémoires

Repost 0
Commenter cet article

La Merlinette 25/10/2010 23:01


chère nomade ,merci de tes récits voyageurs ensolléillés!


Flora 26/10/2010 20:29



Cela m'aide à affronter la longue saison qui nous attend!



litteratus 23/10/2010 13:04


On retrouve tout dans votre texte merveilleusement descriptif : la beauté naturelle d'un lieu que l'on magnifie en mots des années plus tard !


Flora 25/10/2010 09:14



Vous avez trouvé le mot juste, chère Litteratus : je "magnifie" souvent les lieux ou les personnes, passés ou présents... Cela me joue parfois des tours lorsque je m'aperçois de ma naïveté mais
j'en ai besoin comme "carburant"... 



alain gegout 18/10/2010 20:10


Nous sortions d'un sommet à 7000m à skis..dans l'Himalaya.. un peu naze en fait ..quel contraste ..

Merci Flora de ta délicatesse.. je vais un peu mieux, le scan ne voir rien de grave.. mais je souffre presque autant dans la position debout.. infiltration de cortisone .. et voilà .. Bises à vous


Flora 20/10/2010 09:44



Bon courage pour continuer à peindre debout (ce qui ne donne pas du tout le même élan que rester "avachi" sur une chaise...)



josé Le Moigne 18/10/2010 19:47


J'imagine, j'imagine et je me dis que tu as de la chance d'avoir conservé toutes ces images d'un passé qui reste autant présent.
Amitiés de Bretagne.
José


Flora 20/10/2010 09:42



C'est vrai que beaucoup d'images, de sensations restent intactes dans ma mémoire. J'essaie de les traduire en mots et de retrouver les émotions du moment...


(ennuis d'ordinateur pour au moins 15 jours!... dur, dur...)


Amitiés, cher José.



alain gegout 18/10/2010 19:27


Bribes de mémoire en effet.. là , je ne sais pourquoi , je repense à Idaipur en Inde. La mousson était bien là, on sortait du cloaque de Jaipur et on se posait dans un petit hôtel au bord d'un lac;
Encore sous le coup des visions cauchemardesques vécues à Jaipur. On se
retrouvait là au bord du paradis. j'ai fait des aquarelles sous l'abri d'une terrasse, vision de sérénité sur le lac rempli de brume.. Brume de mémoire..!


Flora 18/10/2010 19:49



Les souvenirs des uns réveillent les souvenirs des autres! L'ambiance, apparemment, a été différente...


Ca va, Alain? J'espère que oui.