Bribes de mémoire 62. La Sainte-Sophie - Ayasofiya camii

Publié le 18 Mars 2010

st sophie
Nous visitons Istanbul avec une curiosité avide, aiguisée par nos rêves de la ville légendaire, berceau de tant de grandes civilisations. Je me pose souvent la même question à cet égard : les lieux sont-ils habités ou sommes-nous seuls à les peupler de nos souvenirs, de nos lectures ou de nos rêves ? Byzance, Constantinople, Istanbul  -  rien qu'à énumérer ces grands noms successifs, nous sommes plongés dans les légendes du passé glorieux ! A condition, bien sûr, d'être au courant des événements et de leur répercussion. Je me dis parfois que le quidam ignorant passe avec indifférence près des tranches des colonnes du temple d'Artémis  -  une des merveilles du monde antique  -  qui s'intègrent parfaitement dans l'impressionnante muraille de Constantinople comme simple matériau de construction...
   Notre première visite nous mène à la Basilique de Sainte-Sophie, devenue Ayasofya Camii puis Ayasofya müzesi en 1935. (Aya = Hagia, gr.
saint). La grande place, regroupant les principales attractions touristiques de la ville (Sainte-Sophie, la Mosquée Bleue, le palais de Topkapı) dans un mouchoir de poche est toujours peuplée d'innombrables touristes, de guides improvisés ou de marchands de souvenirs, sans parler des preneurs de tension ambulants... Sous la gigantesque coupole de 56 m de haut et de 30 m de diamètre et au pied des piliers géants, nous mesurons à la fois notre petitesse et la gloire de l'homme capable de réaliser de telles merveilles. Sainte-Sophie, trapue et imposante, construite sur l'ancien temple d'Artémis en 325 sous Constantin, a brûlé plusieurs fois au cours des siècles suivants pour atteindre sa forme actuelle en 537 sur ordre de Justinien qui voulait rivaliser avec le temple de Salomon à Jérusalem. Ambition réussie car Sainte-Sophie devient la plus grande basilique du monde chrétien d'alors. Tout cela au sixième siècle ! Modèle pour les cathédrales romanes et gothiques des siècles plus tard !  A la prise de Constantinople par Mehmet Fatih (le Conquérant) en 1453, la basilique devient mosquée et sera flanquée de quatre minarets plutôt trapus par rapport aux merveilles élancées de Sinan, plus tard. La plus grande partie des mosaïques sur fond doré, des Christ sévères aux sourcils froncés, sera recouverte alors de plâtre et de versets coraniques, pour en être dégagée en 1935 sur ordre d'Atatürk qui en fait le musée d'aujourd'hui.
La suite suivra... 

Rédigé par Flora

Publié dans #mémoires

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litteratus 20/03/2010 12:22


Cela nous rappelle la persistance de l'empire romain d'orient qui a survécu durant de nombreux siècles à celui d'occident !


Flora 21/03/2010 08:47


Avec son histoire d'une richesse exceptionnelle, Istanbul reste une ville très vivante et non un musée figé...


kinzy 20/03/2010 04:47


merci Flora pour ce cours d'histoire !
bô du samedi


Flora 20/03/2010 09:22


A toi aussi, chère Kinzy! Un week end en famille!


La Merlinette 19/03/2010 13:21


la description de la Basilique et son histoire
m'ont bien titillées les méninges...


Flora 20/03/2010 09:24


J'espère que que je ne t'ai pas renvoyée sur les bancs de l'école! De toute façon, il faut entretenir les méninges, sinon ils s'atrophient...
Merci de ta visite, ma chère Magicienne! 


fbd 18/03/2010 20:24


N'est t'on pas écrasé par la force de l'Histoire qui surgit des édifices? Ou peut-être ne se sent-on que neige sur tout cela ;-)


Flora 19/03/2010 08:28


Un peu les deux, my captain!