Attila József (1905-1937) : Depuis que tu es partie (Mióta elmentél)

Publié le 10 Décembre 2011

Jozsef Attila MIÓTA ELMENTÉL

Mióta elmentél, itt hűvösebb

a sajtár, a tej, a balta nyele,

puffanva hull a hasított fa le

s dermed fehéren, ahogy leesett.

 

A tompa földön öltözik a szél,

kapkod s kezei meg-megállanak,

leejti kebléről az ágakat,

dühödten hull a törékeny levél.

 

 

Ó, azt hittem már, lágy völgyben vagyok,

két melled óv meg észak s dél felől,

a hajnal nyílik hajam fürtjiből

s a talpamon az alkonyat ragyog!...

 

Soványan űlök, nézem, hogy virítsz,

világ, kóró virágja, messziség.

Kék szirmaidban elhamvad az ég.

A nagy szürkület lassan elborít.

(1928)

 

DEPUIS QUE TU ES PARTIE

 

C'est depuis que tu es partie que sont plus froids,

Ici, le seau, le lait, le manche de la hache,

Et que le bois fendu s'affaisse et se détache.

Vois-le tomber, livide et tout roide à la fois!

 

Sur le sol sourd, le vent dans ses habits s'engage,

Il recherche sa proie, s'arrête, fouille et tranche.

Et de son tourbillon précipite les branches.

Frêle, la feuille alors bronche et tombe avec rage.

 

Moi, dans un doux vallon déjà je me croyais...

L'aube neuve épousait mes cheveux qui ondulent,

La plante de mes pieds brillait au crépuscule,

Et du Nord et du Sud tes seins me protégeaient.

 

Je suis assis, chétif... toi t'épanouissant,

Monde lointain, fleur de chiendent... Je te regarde.

Dans ton coeur bleu un ciel de cendre se hasarde;

Moi langé par le soir qui tombe immensément...

traduction: Lucien Feuillade 




Rédigé par Flora bis

Publié dans #traductions

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fbd 19/12/2011 15:03

très fort… "langé par le soir"

Flora bis 19/12/2011 17:39



Belle traduction mais nécessairement plus "bavarde" que l'original!


L'mage que tu cites (très belle quoique absente dans l'original) suggère que le premier abandon jamais évacué est celui qu'il a subi tout petit, lorsque sa mère, seule à élever ses 3 enfants en
faisant des lessives et des repassages pour des gens aisés, a été contrainte de placer Attila en famille d'accueil à la campagne. Elle meurt tôt, d'ailleurs... (abandon définitif) Par la suite, à
chaque histoire d'amour malheureuse, il revit l'abandon primordial...



André 17/12/2011 09:52

Quel poème, j'en suis troublé.
Merci Flora de nous faire découvrir ces talents.
Bonne fin d'année.
@+

Flora bis 17/12/2011 10:00



Et encore, en hongrois, c'est beaucoup plus concentré, plus tendu... Merci, André, de t'être arrêté, pour le lire.