Adieu, Cahier Rouge, bienvenu, Cahier Noir!

Publié le 6 Mars 2012

cahier-rouge_NEW.jpg Page 225. La dernière de mon Cahier Rouge que j'ai cité parfois sur ce blog. Commencé il y a presque 3 ans, le 12 mars 2009, au Salon du Livre de Paris. 225 pages remplies d'une écriture très serrée, légèrement penchée vers la droite, au feutre noir. La couverture a passablement souffert des nombreux voyages qu'il a effectués en ma compagnie, fidèle, partout. Nous ne nous sommes jamais déplacés l'une sans l'autre  -  surtout lui, évidemment!... Sur la couverture rouge, il y a des numéros de téléphone notés à la hâte, des explications sur les voyelles de la langue hongroise et même quelques gribouillis de ma petite-fille Alice  -  preuve que le Cahier restait toujours à portée de main... Voici la dernière note:

4 mars dimanche 2012: je suis assise devant cette dernière page de mon Cahier Rouge. Moment émouvant. Commencé il y a 3 ans, presque jour pour jour, au Salon du Livre de Paris. Le dernier que je pratique activement, sur le stand du Nord-Pas-de-Calais. Comme si l'écriture devait vraiment remplacer désormais toute autre activité. Le début de l'enfermement. En moi. Introspection, exploration. Celle de la langue aussi. D'autres aventures, un jour, j'espère... un peu. Là, 22 h 10, je n'ai même pas ouvert la télé, je savoure le calme, le silence. Mes chéries sont belles, adorables. J'ai été heureuse d'avoir passé tout ce temps avec elles. Mais je suis épuisée... Et je ne le regrette surtout pas! Je me délecte de la liberté de ne pas être sollicitée pendant ces quelques heures! Comment ai-je fait pendant tant d'années?... Si ça continue comme ça, je finirai au couvent, mieux, en ermite... Car au couvent, on a encore des obligations!

Ce cahier touche à sa fin. 3 ans de ma vie, de mes réflexions assez fidèlement consignées. Bientôt, j'en entamerai un nouveau. Ce qui est sûr, c'est que le désir désormais indispensable de l'écriture demeure.

cahier-noir_NEW.jpg 

 

 

Et voici le nouveau cahier...  240 pages. Entamé Le mardi 6 mars 2012. Arriverai-je au bout? Et dans quel état? Il contiendra mes élans spontanés  -  comme ça vient  -  et indispensables pour "fixer le temps, du moins s'en donner l'illusion". Il me permettra, comme le précédent, de revenir en arrière, de temps en temps, pour jeter un regard sur ce "moi" de quelques années plus tôt... De vérifier si j'ai "grandi" en sagesse, en sérénité dans ce cheminement vers la fin du voyage. Car le but est un peu cela aussi, inutile de se voiler la face: acquérir le sentiment d'avoir bien rempli le temps qui restait, que ce soit 30 ans, 20 ans ou encore moins... Par bonheur, nous ne le savons pas.

Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions

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fbd 14/03/2012 11:08

ce qui m'a touchée pour la couverture de ton carnet, c'est la danse élégante du trait blanc qu'a tracé ta petite fille… et puis les petites notes foncées autour… j'en viens à regretter que Ben
ait rempli tout l'espace de ta nouvelle couverture!

Ton carnet se finit, avec les regrets et les vibrations de ce qui t'a accompagné tout ce temps… puis nait toute l'émotion d'une aventure qui commence pour le cahier encore vierge… en fait il n'y a
pas de rupture, tu poursuis ton carnet, mais ces petits départs sont comme des stations qui ponctuent le voyage :-))

Flora bis 14/03/2012 15:51



Oui, chère Françoise, c'est pour la même raison que je ne cherche pas à effacer ces traces aléatoires sur la couverture: les traces de l'instant capturé... 


Tu as tout à fait compris l'émotion qui m'attache à ces témoins du temps qui passe! Merci.



Jean-Pierre Frommer 08/03/2012 15:44

Quelle coïncidence Flora... J'ai, moi aussi un grand carnet, tout près de moi, dans mon sac que je transporte partout depuis plusieurs années. J'ai le stylo aussi qui convient pour écrire finement,
un stylo qui glisse agréablement sur le papier. Et, et, et... mon carnet est définitivement vierge. Pas un mot, pas une lettre, même pas un point, une virgule, rien, semmi.

Flora bis 08/03/2012 19:00



C'est que vous n'en ressentez pas encore la nécessité... Parfois, il suffit de le commencer. Mais attention: grave addiction!



JML 07/03/2012 08:25

Le déroulement du temps n'est linéaire qu'en Europe... Je te rassure...Plus tu avances en âge et plus tu profites de l'instant qui passe ("celui qui féconde le passé pour engendrer l'avenir...")
...Comme un retour vers les toutes premières heures de la vie...

Flora bis 07/03/2012 11:58



Je ne peux pas trop me libérer de l'idée de la linéarité, trop ancrée... Ceci dit, je n'aimerais pas non plus retomber en enfance!