5 ans...

Publié le 6 Juillet 2011

Num-riser0003-copie-2.jpg Le 7 juillet. Inutile de préciser la signification de cette date pour moi. Rendez-vous avec la mort. Avec la survie. Avec le souvenir.

   Les anniversaires... Ne sont-ils pas finalement destinés à nous éloigner du souvenir le reste du temps? Une fois par an, nous nous acquittons ainsi de la tâche, soulageant nos consciences d'y avoir pensé une fois de plus... 

   Certains préconisent que les vivants doivent poursuivre leurs trajectoires, laissant s'éloigner les morts dans un vide sidéral. Le néant. D'autres inventent des parades pour nier l'inconcevable. Un "travail de deuil" réussi  -  appellation détestable  -  consiste à reprendre progressivement le fil de la vie, à se lancer à la recherche d'une nouvelle compagne, d'un nouveau compagnon car la norme veut que les morts restent cantonnés avec les morts et les vivants suivent leur instinct grégaire à se réchauffer au contact de la vie palpitante... A chacun ses besoins. Le jugement n'est pas de mon ressort.

   Pour moi, le souvenir est constant, quotidien. Personne ne m'y oblige. Le contraire serait impossible, tout simplement. Loin d'un culte morbide, dépressif, je ressens la nécessité de côtoyer mes amis, de découvrir des domaines inexplorés des activités créatives, d'échanger des idées et des émotions. Echanges virtuels ou bien réels. Authentiques, dépourvus de faux-semblants et de faire-valoir.

   Je n'ai pas encore fait le tour de l'expérience unique et primordiale de la mort en marche, toute puissante, devant laquelle nous finissons tous par déposer les armes. Je tourne autour, je tente de la saisir dans le filet des mots mais les mailles s'avèrent peu solides pour retenir les sensations. Je fouille au plus profond des souvenirs jusqu'à la douleur que j'espère à vif pour me rapprocher encore de lui  vivant.

   La bataille qu'il a  -  que nous avons  -  livrée pour retarder une mort annoncée depuis des années a été rude et glorieuse comme peuvent être les dernières résistances héroïques. Même sans issue, elles ne sont pas désespérées. Elles portent le témoignage de la grandeur humaine et offrent aux survivants une source inépuisable d'énergie.   

Rédigé par Flora

Publié dans #réflexions

Repost 0
Commenter cet article

fbd 10/07/2011 18:02


c'est une gravure que tu as mise avec ton article, ou un dessin à la plume?


Flora 11/07/2011 09:55



C'est un dessin au Rotring fin.



fbd 10/07/2011 18:01


je parlais encore récemment de la Nostalgie sur un autre blog, et pour moi cela rejoignait la pensée vers les disparus… il me semble que si on ne refoule pas le passé (ce qui peut arriver) si on ne
transforme pas cette pensée en action, en hommage ou autre, on a bien du mal à vivre au présent. Je crois, pour employer cette drôle d'image, que tu tricotes le passé avec les mots et les
rencontres du présent, et c'est vraiment une chose magnifique.


Flora 11/07/2011 10:01



Merci beaucoup, chère Françoise. C'est exactement ce que j'aimerais faire, et pouvoir pleinement vivre le présent.



André 09/07/2011 10:25


J'ai lu et je médite, avec, présents à l'esprit, ceux que j'ai aimé et qui ne sont plus là mais auxquels je pense à chaque instant.
Pour eux, et pour moi, je continue ...


Flora 09/07/2011 12:19



Merci beaucoup, André, pour ces pensées partagées.



Nadège 07/07/2011 15:35


Il existe par tes mots et j'en suis émue. Qu'il vive encore longtemps...


Flora 08/07/2011 09:02



Merci beaucoup pour l'écho, chère Nadège.



José Le Moigne 07/07/2011 00:02


"Travail de deuil" ! Quelle expression idiote !
De tout coeur avec toi.
José


Flora 07/07/2011 10:23



Merci beaucoup, José.


Je t'embrasse.