Cela fait trente ans que j'en rêvais... une belle gravure me donnant littéralement des frissons de plaisir, plus qu'une
peinture, plus même qu'un dessin ! Va savoir pourquoi... Dans la Hongrie des années soixante - soixante-dix, les arts graphiques et la gravure en particulier ont eu un essor formidable. Moi qui
n'ai pas pu suivre une formation dans un lycée de beaux-arts, ma mère estimant que les 40 kilomètres étaient trop loin et que, de toute façon, cela menait à un avenir très aléatoire et que mieux
valait se munir d'un vrai métier, j'ai pu en rêver toute une vie... Ceci dit, elle a eu zéro pointé sur toute la ligne, la pauvre. Je me retrouve à 1600 kilomètres et j'ai très peu
exercé mon vrai métier, celui de professeur de français et de russe !
Par contre, j'ai commencé il y a une semaine, mon apprentissage dans un atelier de gravure et chez un maître que j'admirais de loin à travers ses livres d'artistes et ses expositions
et dont le grand talent n'a d'égal que sa modestie et sa simplicité, qualités que j'apprécie particulièrement comme privilèges des tout grands.
Je me sens comme la parfaite débutante que je suis, l'apprentie qui polit sa première plaque de cuivre pendant deux heures, la prépare, la grave etc., et attend, le coeur battant
d'émotion, la première impression qui se dévoile sous l'impressionnant rouleau de la presse...
La part d'inattendu, de surprise bonne ou mauvaise est toujours présente dans la gravure. C'est bien ce qui m'attirait, avec l'infinie variété des techniques. Il faut que je
m'habitue aussi à un rythme tout à fait différent, opposé au dessin où il faut être rapide et spontané. La gravure semble être l'école de la lenteur et de la patience.
premier essai , d'après un dessin de 1998. T.R.
Amitiés
José
Amitiés: R.
Oui, je pense que la vie dure jusqu'à ce que nous sommes encore capable de nous lancer des défis, de mener des projets! Sans cela, ce ne serait que végétation...
Gérald
Mais je resterai fidèle au dessin, évidemment.
Bravo pour tes photos!
Je me réjouis de voir la suite: c'est un premier état, ou passeras-tu à une autre gravure?
Encore un point commun: j'ai fait beaucoup de gravure il y a longtemps… Eau-forte, manière-noire, lithographie, gravure sur bois, sérigraphie… D'où mon affection pour le noir et blanc, tu imagines.
En revanche, si la spontanéité du dessin te manque avec l'eau-forte, peut-être peux-tu essayer le monotype, ou la lithographie, où l'on dessine sur la pierre au crayon gras et à l'encre?
J'aime beaucoup la créativité de la gravure!!!
N'empêche "le vrai métier", comme j'ai entendu çà aussi!
Mais le cœur essaie d'être sage mais ne sait obéir, malgré tous ses efforts, pas vrai? il ne peut jamais bien oublier!!