Arpád Tóth (1886-1928) * Aube sur les boulevards

Publié le 4 Octobre 2009

Móricz Zsigmond - A költő és apja              Aube sur les boulevards

Le petit jour était gris sale. Les boutiques
Dormaient encore, les yeux vitreux. Mal réveillés,
Les concierges poussaient, d'un balai lymphatique,
Djinns de mauvaise humeur et lutins lunatiques
Dans le désert pierreux, poussière, vieux papiers.

Entre deux pans de mur, soudain l'on vit paraître
Et brûler de la braise au ciel de l'Orient.
Par cent soleils brisés, flambèrent cent fenêtres.
Sur les trottoirs crasseux, alors s'éparpillèrent,
De l'infinie clarté, mille clairs diamants.

La rue fut subjuguée. Un acacia svelte
S'enivra goulûment de soleil, et là-haut
L'on put voir frémir dans sa chevelure verte
Une grappe de pâles fleurs, à peine ouvertes :
Tout le frêle trésor de son printemps nouveau.

A la clarté, personne ne répondait mot.
La joyeuse alouette des couleurs s'y mit !
Puis dans une vitrine une cravate mauve
Qui se mit à chanter ! Un peu plus tard, la grosse
Et creuse voix des cloches s'en mêla aussi.

Au loin gémit une sirène dans l'aurore,
Un tram grinçant au carrefour surgit alors.
La journée commençait son train-train ordinaire.
Sur la petite main d'une jeune ouvrière,
Nul ne vit le soleil jeter un baiser d'or.
(1923)
                            
traduction: Jean Rousselot


KÖRÚTI HAJNAL

Vak volt a hajnal, szennyes, szürke. Még
Üveges szemmel aludtak a boltok,
S lomhán söpörtek a vad kővidék
Felvert porában az álmos vicék,
Mint lassú dsinnek, rosszkedvű koboldok.

Egyszerre két tűzfal között kigyúlt
A keleti ég váratlan zsarátja:
Minden üvegre száz napocska hullt,
S az aszfalt szennyén szerteszét gurult
A Végtelen Fény milliom karátja.

Bűvölten állt az utca. Egy sovány
Akác részegen szítta be a drága
Napfényt, és zöld kontyában tétován
Rezdült meg csüggeteg és halovány
Tavaszi kincse: egy-két fürt virága.

A Fénynek földi hang még nem felelt,
Csak a szinek víg pacsirtái zengtek:
Egy kirakatban lila dalra kelt
Egy nyakkendő; de aztán tompa, telt
Hangon a harangok is felmerengtek.

Bús gyársziréna búgott, majd kopott
Sínjén villamos jajdult ki a térre:
Nappal lett, indult a józan robot,
S már nem látták, a Nap még mint dobott
Arany csókot egy munkáslány kezére...

Rédigé par Flora

Publié dans #traductions

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Litteratus 05/10/2009 10:39


Poème très beau, très expressif... j'entends le tram jaune arriver ! merci de nous faire découvrir la richesse de votre patrimoine culturel.


Flora 05/10/2009 22:41


Encore un poète mort si jeune... Márai a une explication à cela, je la citerai une fois.
Merci pour la résonance, Litteratus.


José Le Moigne 05/10/2009 00:50


Encore une fois quel merveilleux poème cela doit être en langue originale! J'aime beaucoup.
Bonne nuit à toi
José


Flora 05/10/2009 09:48


La traduction, dans son ensemble, tient. Je regrette surtout un manquement mais de taille: la ligne la plus célèbre : egy kirakatban lila dalra kelt / egy nyakkendö... En fait, ce
n'est pas une cravate mauve qui se mit à chanter : ce serai trop commun. En réalité, ...dans une vitrine, une cravate entonna un chant mauve (ou violet, ou lilas
ou incarnat ou parme...)