Nous sommes logés dans un des immeubles impersonnels du quartier des
étudiants de plusieurs facultés. Ce stoudgorodok (abréviation, parmi les innombrables autres, tellement prisées par l'ère soviétique, de stoudiéntcheski gorodok
= petite ville - quartier - d'étudiant) se trouve dans une partie relativement neuve de la ville, tellement récente que les finitions laissent à désirer. Une amie y fait une sorte de pèlerinage
quinze ans plus tard et elle me dit : "Tu ne me croiras jamais ! Pour accéder aux immeubles, il faut toujours traverser les mêmes terrains vagues avec les mêmes trous remplis d'eau et enjambés
par des planches, tout comme de notre époque !" Et nous savions tous que ces terrains vagues avaient vocation d'y rester pour l'éternité, comme nous croyions le régime inébranlable...
Ce n'est pas l'antique Arche de Noé de notre Oussatchovka de Moscou, ce qui n'empêche pas que je fasse connaissance, pour la première fois de ma vie, avec des vampires.
En effet, dès que j'éteins ma lampe de chevet, je me fais littéralement dévorer par des punaises !... Comme je n'en ai jamais vu auparavant, je cherche un ennemi invisible, au visage
inconnu et qui ne se manifeste que dans le noir. Au bout de plusieurs semaines de calvaire, je dors avec ma lampe allumée. Il y a bien les "brigades de désinfection" qui passent régulièrement,
harnachées, encagoulées comme la police scientifique des feuilletons de télé mais cela n'a d'autre effet que de déclencher la migration des vastes populations de punaises vers les chambres
encore intactes !
A bout de nerf, je m'en plains à une de mes profs de fac. Elle me conseille un bon vieux produit qu'il faut diluer dans de l'eau. Inutile de dire que je l'emploie concentré, le
versant avec rage dans les interstices du bois de mon lit renversé, ainsi que dans les plinthes. En effet, j'apprends au passage que les bestioles logent dans du bois ! Et encore, elles
choisissent leurs victimes : mes deux colocatrices russes sont indemnes ! Mon sang exotique, sans doute...
Pour finir et en épargnant les détails de cette extermination massive, l'opération est couronnée d'un succès total et j'aurai la paix jusqu'à la fin de notre séjour. La vie Ã
Leningrad commence à prendre des couleurs agréables.
la suite suivra...
Toujours aussi passionnantes, tes bribes de mémoire, et je suis toujours aussi admirative de ta vie jalonnée d'expériences aussi diverses et aussi riches.
Pour ce qui concerne ma vie "aventureuse", je n'en suis qu'aux balbutiements...
Merci de ta visite, chère Âme chopinienne.
Bonne nuit à toi.
José
Elles coutent parfois des milliers de dollars en exterminateurs à ceux qui n'ont pas pris la peine de régler leur problème dès l'apparition! Tu a bien fait de les éliminer dès que possible.
Mais ne t'inquiète pas, il y a de ces invasions partout au Canada, aux USA, en France et surtout en Asie!
Bonne chance !