CERCUEIL
Pour se sentir vivant, rien de tel qu'une petite larme versée sur un cercueil.
(avant de choquer définitivement le lecteur fidèle ou surtout, occasionnel qui n'est pas habitué à l'humour noir de Gilbert, je précise que le dessin n'est pas
mon autoportrait... Il n'y a que lui, se sachant condamné, qui avait le courage de regarder la mort en face et de la défier avec de l'humour. Et n'avait-il pas raison nous concernant, des vivants
en sursis, dans le confort relatif de notre ignorance de l'heure fatidique?...)
AUTOMNE
L'automne le déprimait. Toutes ces feuilles qui tombaient contre sa volonté, le Président Moulet ne pouvait le supporter, habitué à ce que les gens, les choses lui obéissent,
contrôlant les conseils d'administration comme un maréchal règne sur ces troupes, achetant tout et tout le monde pour satisfaire le moindre caprice. Cette année-là, il prit une décision : les
milliers de feuilles de son parc seraient collées aux branches. Et comme leurs couleurs décadentes indiquaient trop la mort sournoise qui guettait sous ses fenêtres, il les fit repeindre en
vert.
Illustration : R.T. Gilbert Millet : "Miniatures" éditions Editinter 1999
Derniers Commentaires