Langue et Patrie...

Publié le 15 Septembre 2009

   J'ai dévoré le livre de Sándor Márai : Mémoires de Hongrie (FÖLD! FÖLD!). En français. La traduction est très belle  -  entre nous : peut-on prononcer une telle affirmation sans connaître la version originale ? Je n'ai encore lu aucun de ses romans mais ce genre : mémoires, réflexions, vagabondages dans le temps  et l'espace à la recherche d'une boussole, son Etoile, une quête de sens pour pouvoir continuer à vivre m'attire énormément. Peut-être parce qu'il m'aide à poursuivre la mienne...

   "... c'est uniquement en cette langue que je puis exprimer ce que j'ai à dire."  Il suggère même quelque part qu'un écrivain ne peut pleinement s'exprimer que dans sa langue maternelle (même s'il en parlait plusieurs) qui le relie viscéralement à ses racines.

   Je subis parfois, venues de mon passé, d'amicales pressions, à tendance culpabilisante qui me reprochent mes aveux de me sentir désormais davantage chez moi ici, dans ce Nord chaleureux et réservé à la fois, dans cette langue qui grignote le terrain occupé jadis par ma langue maternelle... Tout juste si elles ne m'accusent pas de trahison...
    Au-delà du refus du droit de me juger, même amicalement, je préfère accomplir cet exercice difficile moi-même. Agota Kristof (Le grand cahier) écrit en français, langue qu'elle traite d'ennemie car elle est en train de tuer sa langue maternelle, le hongrois. Je ne sais pas comment je réagirais si j'étais écrivain. A l'heure actuelle, je ne sais qu'une chose : le français a libéré ma parole, a fait sauter des blocages qui me paralysaient parfois en hongrois, liés à cette parcelle de ma vie fantôme...

   Bien sûr, il faut apprivoiser cet outil merveilleux, le maîtriser tant soit si peu pour essayer de le plier à mes envies. Trouver le mot juste à sa juste place... Il faut parvenir à sentir une langue de l'intérieur de ses entrailles pour que l'écriture devienne charnelle. Humer la couleur des mots... Confusion d'images ? Peut-on humer la couleur ? Pas plus que les mots n'ont de couleurs..
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Rédigé par Flora

Publié dans #réflexions

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mich 17/09/2009 13:02

köszönöm szépen

mich 15/09/2009 20:11

ce commentaire est à supprimer - mais c'est le seul moyen par lequel je puis solliciter votre e-mail, Flora, afin que parfois, si vous le voulez bien, je puisse vous demander conseil ou avis sur un sens ou une donnée particulière dont je ne trouve éclairage, ou simplement un jour plus ou moins lointain, soumettre à votre appréciation mes quelques essais (je reçois bien un mail dès que j'écris ici un commentaire, mais aucun retour n'est possible - pour avoir essayé, je n'eus droit qu'au "deleted machin chose" en anglais m'avisant que l'adresse n'existe pas, alors que pourtant je n'ai fait que l'usage d'une émission bien réelle!)
Donc si vous l'acceptez, merci de m'aviser avec l'adresse que je dois mettre pour valider ce commentaire, et croyez bien que je n'abuserai pas, bien au contraire, je me ferai aussi rare que possible. Je comprendrai aussi très bien votre refus, et dans ce cas, merci de supprimer mon commentaire sans y donner suite. Bien à vous.

Flora 17/09/2009 11:00


le mail par lequel vous pouvez m'écrire :

millet.hauteurs@wanadoo.fr



mich 15/09/2009 19:46

Kedves Flora, si je puis me permettre, sachez que j'admire l'excellence de votre maîtrise du français, langue ô combien difficile pour un Hongrois (surtout question grammaticale - alors que la grammaire hongroise est logique, et généralement, si on n'identifie pas un mot, c'est qu'on a "mal coupé"... - pour les non initiés, le hongrois est une langue agglutinante, c'est à dire qu'à la racine du mot, qu'offre une expression, s'ajoute un ou plusieurs suffixes qu'il faut décharger dans un premier temps pour trouver le mot-racine dans un dictionnaire, ou bien au contraire réunir les deux parties d'un verbe qui souvent se divise et dont une partie vient avant ou après selon, proche ou plus loin dans la phrase, etc); et j'oserais vous interdire de vous culpabiliser, puisque vous savez toujours bien écrire hongrois aussi(c'est l'unique culpabilité que vous pourriez avoir, et elle ne vous concerne donc pas, - du moins pour ce que je perçois en essayant de vous lire sur votre blog annexe en hongrois, langue que je ne lis pas courramment, mais qui occupe tout mon temps actuel, pour étudier des oeuvres littéraires uniquement!).

Oui, je comprends qu'on puisse trouver meilleur(s) moyen(s) d'expression par une autre langue que la sienne, pour avoir un peu essayé une fois (en espagnol que j'avais appris seul à comprendre pour lire de la poésie), et de rêver parfois le faire en hongrois (rêve impossible par manque de maîtrise élémentaire), car le hongrois inclut bien l'espace, et le temps aussi d'une certaine manière - je me contente du seul sens hongrois-fr, et parfois l'inverse me manque...

Quant à savoir si c'est une belle traduction vraiment, celle de Kassai et Bianu, il vous reste à lire l'original et de nous le dire - j'oserais compter sur vous afin de vous encourager et par curiosité aussi.

Merci pour votre fil, et bien à vous.

Flora 17/09/2009 10:58


Merci, Mich, pour vos encouragements que je vous retourne pour l'étude du hongrois.