Jeudi 30 juillet 2009 4 30 /07 /2009 15:26

                                                                                                   Ce livre tout entier n'est qu'une esquisse. Même pas !
                                                                                                    Rien que l'esquisse d'une esquisse
.
                                                                                                                       Herman Melville
,    Moby Dick

   A l'origine de l'oeuvre, une paresse du cou. Au lieu de tourner la tête vers la fenêtre, d'apercevoir la femme, l'épagneul de sa vie, Fabrice Sorel lève les yeux vers le Littré, un mouvement que les biographes, les universitaires de tous pays n'en finissent pas de commenter.
   Certains critiques évoquent une nuit de débauche, une digestion difficile. On parle d'une mouche ou d'un moustique posté sur le dictionnaire ; d'autres plaident pour un courant d'air ; un professeur de l'Ecole Normale supérieure centre son analyse sur le craquement d'une étagère, celle qui soutenait la collection complète du "Miroir des Sports" ; on glose sur le déterminisme et la coïncidence ; on se réfère à l'éducation : si la folie des mots s'empare de Fabrice Sorel, en ce 19 mai 1967on père enseigne la littérature à l'université d'Orléans, que sa mère, ophtalmologue, fait défiler des lettres sous le regard de ses patients.
   Qui croire ? Dans Les Mots : Mosaïque, le principal intéressé commente la scène à sa façon, humoristique, énigmatique :

          Les tomes du Littré sont au nombre de sept. Couleurs de l'arc-en-ciel. Nains. Notes sur la gamme. Péchés capitaux. Jours de la semaine Sept contre Thèbes. Samouraïs Mercenaires. Suis-je Blanche Neige ou Polynice, gourmandise ou luxure, do, mi, sol, indigo ?

    Les romans d'Adam Eve comportent sept chapitres, chaque recueil quatorze nouvelles.[...] 

début d'une nouvelle inédite 

Par Flora - Publié dans : Gilbert
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Commentaires

Merveilleuse première phrase, si riche et spirituelle qui ouvre l'appétit de lire!

Y avait-il une influence du nouveau roman?
Commentaire n°1 posté par fbd le 31/07/2009 à 14h42
Merci beaucoup, Françoise! A chaque remarque de cette sorte, j'ai le secret espoir d'avoir remporté une petite victoire sur la mort.
Gilbert n'aimait pas particulièrement le nouveau roman, mais il aimait le genre roman qu'il ne pensait pas du tout en danger, puisque celui-ci était capable de s'acclimater à toutes les époques...
Réponse de Flora le 31/07/2009 à 14h59
Je suis d'accord avec fdb.Je n'ai jamais ouvert le Littré de ma vie, mais je suis né un 7.
Bonne fin de dimanche.
José
Commentaire n°2 posté par José Le Moigne le 02/08/2009 à 18h28
Le 7 est le mien en numérologie ! Avis aux connaisseurs!
Amitiés : R.
Réponse de Flora le 02/08/2009 à 22h23
de retour...internet me jouant des tours
contente de retrouver Gilbert
Commentaire n°3 posté par La Merlinette le 03/08/2009 à 12h28
Je suis contente pour toi aussi!
Ce texte est assez important du point de vous de ses idées sur le roman; j'en mettrai d'autres extraits! 
A bientôt, la Merlinette de l'Avesnois!
Réponse de Flora le 03/08/2009 à 19h52
La paresse du cou est l'élément déclencheur ! autre représentation du hasard ?
Commentaire n°4 posté par Litteratus le 02/09/2009 à 10h11
Entre le hasard et la prédestination, il opterait sûrement pour le hasard.
Réponse de Flora le 02/09/2009 à 10h49

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