Je reviens aux histoires anciennes après une pause relativement
longue. "Tout est matière à, réflexions, à condition que l'on s'en donne la peine" ai-je dit il y a peu... Un ordinateur qui rend l'âme, effaçant d'un seul coup des années de votre histoire
consignées, vous obligeant à un sevrage devenu petit à petit salutaire, vous ramenant à une autre réalité... Cependant, faut-il chercher, obstinément, un sens à tout ce qui nous arrive ;
existe-t-il des événements complètement hasardeux, réconfortants ou déstabilisants dans leur gratuité, selon les convictions de chacun ? Chercher systématiquement un sens reviendrait à supposer
une planification, une orientation des événements par un principe supérieur et nous ne serions que de simples marionnettes dans ce jeu-là. Cela peut être réconfortant car nous n'avons pas à
nous casser la tête, on prend soin de notre destin, comme dans un régime totalitaire que je connais bien. C'est décervelant mais confortable. Ce système de pensée a ses failles, le rôle du simple
pantin étant peu ambitieux et encore moins enthousiasmant ; de plus, il faut expliquer l'origine du mal, si tentant parfois... On introduit donc le fameux "libre arbitre", notion bancale
qui rend l'édifice hybride et incohérent. Mais encore une fois, ce n'est que ma "cuisine philosophale", rustique et sans prétention.
Dans la Hongrie communiste, l'Eglise est officiellement partenaire de l'état. Je suis baptisée, je fais ma communion et ma confirmation et je suis le catéchisme durant plusieurs
années. Le curé, en soutane, vient à l'école pour distiller les fondements de la foi, les histoires de l'Ancien et du Nouveau Testaments, après les cours qui nous apprennent que la religion est
l'opium du peuple ! Mais nous sommes, enfants, déjà rompus à la schizophrénie ambiante qui nous enseigne à jongler entre discours officiel et vérité sous-jacente !
Ma famille paternelle est catholique, ma mère vient d'une famille protestante. On a du mal à imaginer les engagements exigés de ma mère concernant la future foi de ses enfants à
naître dans la vraie voie catholique ! Ma grand-mère paternelle qui elle-même va rarement à l'église, m'oblige à suivre les messes du dimanche, avec communion chaque premier dimanche du mois. Les
plus pénibles étant les confessions qui précèdent l'hostie collant immanquablement au palais et que l'on n'a pas le droit de toucher avec les dents, sous peine de mordre le corps du Christ
lui-même !
Le confessionnal... Je suis terrorisée rien qu'en passant près de son mystère ténébreux. Dedans, je m'agenouille devant le moucharabieh qui laisse deviner une oreille grasse collée
contre la grille et qui attend avec ennui, avidité ou nonchalance mes maigres confessions que j'ai du mal à réunir depuis la veille...
la suite suivra...
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