Il y a un an, jour pour jour, je me suis
lancée... Je me
souviens encore : serrement de coeur, trac, saut dans l'inconnu - et une envie impérieuse de s'y jeter. Pourquoi ? Sans doute et avant tout, avec les mots du même Endre Ady :
"... Je voudrais de plus près me montrer, // Que me voient ceux qui voient... " (Szeretném magam megmutatni, // Hogy látva lássanak, //Hogy látva lássanak) Toutefois, j'ai décidé de
garder une partie de l'anonymat, du moins devant ceux qui ne me connaissent pas personnellement, me disant que l'identité précise n'a aucune importance, finalement : ceux qui
savent voir, construiront leur image sur la trame des mots... Les mots et quelques images : voilà les seuls véhicules que je me destinais pour arriver jusqu'à vous. Le reste
me semblait inutile exhibition.
Comme j'étais persuadée que la mode de livrer mes états d'âme journaliers sur un blog n'avait pas grand intêret, que j'étais nulle en cuisine et en point de croix, tout comme en
potins people, j'ai choisi la traduction d'auteurs hongrois, mine de trésors méconnus.
Le deuxième anniversaire de la mort de Gilbert a donné le coup de pouce décisif. Je me suis dit que je le prolongerais ainsi à travers ses textes, puisque la publication en masse
mercantile confère à la littérature une vie de libellule... Il redoutait plus que tout l'oubli, ce trou noir vorace de corps célestes. J'ai vécu de très près la gestation de cette oeuvre
restée inachevée, et je me retrouve étroitement liée à lui à travers ses mots, cet acte de genèse.
J'ai toujours aimé jouer avec les mots. Le français constitue un terrain de jeu extraordinaire : pour beaucoup, c'est la langue de l'écriture par excellence. Pour moi, c'est un défi
permanent et une jubilation, une conquête et une découverte d'une autre moi-même. Je reste persuadée que s'exprimer dans une langue ou une autre, signifie se glisser dans une autre peau...
Et le vécu, l'initiation mystérieuse à telle ou telle langue conditionne notre parole. Le français a libéré la mienne.
En un an, quelques 206 articles et 615 commentaires. Je ne cours pas après les records, même si vos commentaires font très plaisir, ces fameuses petites passerelles entre les
âmes... Le reste, de toute façon, nous ne le maîtrisons pas. Depuis un an, je passe beaucoup de temps à nourrir ces pages et à lire aussi les vôtres. Ce n'est pas du temps perdu, il
m'enrichit...
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