" Que deviendront nos souvenirs après notre
disparition?" demande une amie hongroise sur son blog. Question bien plus complexe qu'il n'y paraît. Ne sommes-nous pas en train d'essayer de les
fixer, dans leurs contours de plus en plus flous, afin qu'ils survivent à cet inexorable évanouissement ? A quoi bon ? Ils nous appartiennent si intimement que leur survie n'a aucun sens logique;
ils devraient nous suivre fidèlement, tels les chevaux et les serviteurs, voire les épouses, ensevelis auprès de leur seigneur défunt des temps jadis...
Nos souvenirs, ces oripeaux défraîchis nous appartiennent intimement. Pourquoi l'envie de les confier, de les partager, même partiellement, même en les filtrant, les édulcorant ou
bien au contraire, en les livrant dans toute leur cruauté, quitte à s'écorcher au passage ?
Même dépourvus de narcissisme maladif, nous sommes effleurés par cette tentation. Voulons-nous compléter l'esquisse de notre image, afin que les traits primordiaux apparaissent pour
dévoiler les sillons, les ébauches successifs qui ont abouti à l'impression présente ? Avons-nous besoin de témoin dans cette descente vers les abysses de la mémoire, témoin qui nous tient
la main, que nous prenons par la main, pour que le chemin soit moins abrupt, moins cahotant ?
Voulons-nous corriger, consciemment ou inconsciemment, l'image surgie des replis mystérieux, révélant des blessures dissimulées devant nous-mêmes ? Une envie irrépressible de
sincérité arrive parfois à bouleverser l'ordre établi. Un ordre que nous avons mis des années d'acharnement à bâtir. Pour nous protéger. Pour pouvoir vivre. Un mur protecteur que tout le monde
ignore, que nous parvenons à oublier nous-mêmes par moment... Un numéro de haute voltige permanent.
Revenons à la première personne. Pourquoi livrer mes souvenirs ? Le narcissisme est assurément le motif le moins décisif. Ressusciter mes fantômes ? Le fantôme de moi-même
? Défier le temps qui s'écoule impitoyablement, en dépit des tentatives désespérées de l'arrêter, du moins le ralentir ? Tout cela à la fois. Et mille autres raisons encore. Mise au point en
langage codé que je suis la seule à déchiffrer car la seule à pouvoir regarder derrière le miroir...
la suite suivra...
Que voilà un sujet grave pour un jour de canicule !
Amitiés
José
La canicule est à venir seulement!
Bonne nuit fraîche, José.
Pour moi qui crois en la survie de l'âme (et tant pis si tu lèves les yeux au ciel), nos souvenirs nous accompagnent tout simplement là où va notre corps astral. Ils ressurgiront peut être sous forme d'obsession ou de rêve récurrent chez le nouvel incarné que nous deviendrons. Ou ils iront rejoindre le Grand Tout, la mémoire collective universelle de "l'humanité".
Bon, j'arrête là, il fait vraiment trop chaud.
Au nom de la tolérence que je pense pratiquer, chère Âme chopinienne, tu as le droit de croire en ce que tu sens...
Mon problème principal était d'ailleurs le pourquoi et le comment exhiber ses souvenirs...
Ne haragudj, hogy így, ismeretlenül és tegezve szólítalak meg. Véletlenül olvastam egy bejegyzésedet KapitányG. blogjában, Constantine-t említetted. Valamikor, nagyon régen,kis időt ott tölthettem a szüleimmel, édesapám 66-71 között a Kórház laboratóriumában dolgozott kooperáns orvosként. Szívesen venném, ha e-mailben "beszélgethetnénk" esetleg? Apa néhány verse francia nyelven született,egyik a "Mon amour Constantine", elküldeném Neked, már csak a régi, de számunkra már valószínűleg visszakaphatatlan Algériánkra való emlékezés kapcsán...
Üdvözöllek:
Faller Endi
Ezen majd "beszélgethetünk!
Merci de ta visite! Bonne nuit!
Nálunk a családban mindig nagy mesélés volt! (ld. "Bribes de mémoire" egyes részeit)
physique quantique !!!
:comme il y a passé ,présent ,futur dans le même Espace...évoquer ses souvenirs dans notre espace temps linéaire est nécessaire pour comprendre le présent est bien sur le...futur!:cqfd!
pfff! fait chaud!
Örülnék, ha "kölcsön vennéd" Rónayt. Egyrészt, mert nagyon szeretem, másrészt, mert rengeteget fordított francia költőktől, huszadik századi francia költőktől is, igazán megérdemli, hogy ő is szóljon franciául.
(Látom itt a korábbi kommentemet, nem tudom miért lett két g-vel a "haragudj"...)
Sokszorosan is megérdemli (ha egyáltalán szüksége ven erre a mikroszkopikus reklámra!)
Gabi, Bikfic-től "ismerlek":) Akit a rigók elkísérnek blogot, Édesapám verseivel, én írnám, de mostanság kevés az időm, remélem nemsokára aktívabb leszek. Flóra constantine-i emlékeztetője megint adott egy kis lökést. Itt is köszönöm neki!
remélem, megtalálható...