Bribes de mémoire 40. Angelina et les Indonésiens

Publié le 24 Juin 2009

   Angelina, notre mystérieuse Bulgare qui partage notre chambre nous entraîne vers des aventures insolites. C'est une belle fille aux cheveux longs et soyeux, aux yeux très noirs. Son appareil dentaire n'altère en rien sa beauté ni son caractère entreprenant. Elle a 3-4 ans de plus que nous mais avec le temps, nous apprenons à nous méfier de chacune de ses affirmations. Elle dit que son père est diplomate ayant été en poste à Moscou et qu'il a laissé, après son départ vers un autre poste, ses deux filles dans de vagues études de philologie. Sa mère est française, retournée en France après le divorce. Angelina vient de quitter les quartiers "ghetto" du corps diplomatique pour notre antique "Arche de Noé". Cependant, elle garde de nombreux contacts avec ces milieux-là et entend nous en faire profiter, Marie et moi.
   Il est difficile d'imaginer, à l'aune des temps modernes, les deux filles de 22 ans que nous sommes, avec l'innocente naïveté de collégiennes  -  et encore, celles des petites classes ! Il n'y a que notre curiosité qui surpasse notre naïveté. Angelina nous amène chez ses amis diplomates indonésiens. Nous sommes ainsi invitées dans des soirées indonésiennes ! A l'entrée de l'immeuble, devant l'immanquable cahute avec le policier armé et frigorifié dans le frimas russe, Angelina nous conseille d'éviter de parler russe. Nous sommes reçues avec chaleur et courtoisie dans ces soirées dansantes insolites où la langue de la communication est le russe ou l'anglais (que nous ne parlons pas). Est-ce le vocabulaire russe très limité de nos hôtes qui nous donne l'impression que décidément, les Indonésiens sont très énigmatiques... Lubis, la quarantaine dégarnie est de Sumatra. Il manifeste une irrésistible attirance pour Marie, ses cheveux blonds, ses yeux bleus et surtout, il est fasciné par les sourcils qui se touchent ! La sympathie semble réciproque et dure toute l'année de notre séjour à Moscou et même l'année d'après, à Léningrad d'où nous revenons en visite de quelques jours et logeons chez Lubis, en tout bien tout honneur. Quant à moi, mon "flirt" est un authentique prince de Java, longiligne autant que Lubis est replet, et très fin pianiste, danseur aux allures de félin. Je me souviens de son regard indéchiffrable derrière des paupières à peine fendues. Chose inimaginable de nos jours : je chaperonne Marie dans ces rendez-vous galants, tout comme elle me servira de confidente dans d'autres circonstances. Autres temps, autres moeurs... Tout simplement, nous avons grandi moins vite que les filles de maintenant et cela, sans l'ombre d'un jugement nostalgique de ma part...
la suite suivra... 
 

Rédigé par Flora

Publié dans #mémoires

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Caméléon des Neiges 18/07/2009 21:23

Avons nous grandi moins vite que les jeunes de maintenant? Pas certain du tout, selon moi.
Ce que vivent beaucoup de jeunes, de nos jours, ce sont des accumulations d'expériences, ou plutôt une recherche, sans cesse croissante, de sensations. Une sorte de dépendance.

Flora 20/07/2009 12:56


Bonjour, Patrick. Très heureuse de retrouver votre passage et le signe de votre intérêt pour ce blog! Je m'entête à passer chez vous quotidiennement : on ne sait jamais...

Je ne veux pas passer pour l'ancien combattant qui critique les jeunes, car tout simplement, le train est passé... Est-ce que ce ne serait pas nous, les adultes de maintenant qui aurions créé ce
monde en accélération perpétuelle dont ils ont pris simplement le rythme?...
Ceci dit, votre diagnostic est juste, je me pose les questions sur les causes.
Avec toute mon amitié: flora


bikfic 28/06/2009 21:01

Miért ne tudnál? Semmi baj sincs a magyar fogalmazásoddal, elhiheted.
Nem is kell, hogy tükörfordítás legyen, semmiképpen - az egy másik blog lesz és kész. Jó lesz, majd meglátod.

Flora 29/06/2009 09:57


Akkor már csak a "másik börbe" kell beletalálnom...


bikfic 28/06/2009 17:10

Annak nagyon örülnék, ha magyarul is írnál blogot! Szóval, csak rajta, van igény rá! :)

Flora 28/06/2009 20:06


Egyre többet gondolok rá! Másik börbe kellene bùjnom : tudnék-e még szép folyékonyan irni magyarul?... Mondanivaló lenne épp elég, bár nem ennek a franciának lenne a tükörforditása.


KapitányG 26/06/2009 15:36

nos "vieux jours" - majd!

Flora 27/06/2009 01:46


Egyre többet gondolok rá, mintegy megszelidités gyanánt...


La Merlinette 25/06/2009 12:29

j'aurai du mal à commenter le commentaire en
hongrois...:langage codé?
Quel destin aurait été le tien si tu étais devenue "Princesse de Java",mariée à ton prince longiligne?Chère Flora Javanaise!

Flora 25/06/2009 15:38


Non, pas codé du tout mais demande du vocabulaire... Je connais cette dame des bancs de l'amphi, il y a ... ans! Si je te disais que je lui avais demandé des nouvelles da la taupe de son
jardin?...

Pour "mon" prince, il n'y avait aucun danger que j'aille aussi loin! De plus, c'est sa famille qui choisissait sa fiancée! Mais ça reste un très agréable souvenir pour nourrir nos "vieux jours"
sans regret!