Lundi 8 juin 2009
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Anna est éternelle
Rapides s'enfuyaient les années et les jours ;
Au fond du souvenir dont glissent les flots lourds,
Ton visage a perdu son éclat de corolle,
Lentement s'affaissa l'arc blanc de ton épaule.
Ta voix a fui. Hélas ! je ne t'ai pas suivie
Dans la forêt toujours plus dense de la vie.
Déjà, je dis ton nom sans trouble ni chagrin,
Et je ne tremble plus sous ton regard lointain.
Je sais que tu n'étais qu'une femme entre d'autres,
Je sais aussi que la jeunesse est toujours sotte.
Mais, ma douceur, ne va pas croire pour cela
Que tout est révolu. Surtout, ne le crois pas !
Dans chaque pli de mes cravates mal serrées,
Tu vis encore, ainsi que dans tous mes lapsus ;
Et dans chacun de mes malencontreux saluts,
Et dans chacune de mes lettres déchirées.
C'est ainsi qu'à jamais tu survis et tu règnes,
Dans toute cette vie que j'ai manquée. Amen !
traduction : Jean Rousselot
ANNA ÖRÖK
Az évek jöttek, mentek, elmaradtál
emlékeimből lassan, elfakult
arcképed a szívemben, elmosódott
a vállaidnak íve, elsuhant
a hangod és én nem mentem utánad
az élet egyre mélyebb erdejében.
Ma már nyugodtan ejtem a neved ki,
ma már nem reszketek tekintetedre,
ma már tudom, hogy egy voltál a sokból,
hogy ifjúság bolondság, ó de mégis
ne hidd szivem, hogy ez hiába volt
és hogy egészen elmúlt, ó ne hidd!
Mert benne élsz te minden félrecsúszott
nyakkendőmben és elvétett szavamban
és minden eltévesztett köszönésben
és minden összetépett levelemben
és egész elhibázott életemben
élsz és uralkodol örökkön. Amen.
Par Flora
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