Endre Ady * "Sur le sommet d'une roche sauvage"

Publié le 31 Mai 2009

En 1903, Ady fait la connaissance de Léda (anagramme d'Adél). Adèle Brüll est de cinq ans son aînée, elle s'ennuie dans un mariage terne. Rapidement, elle devient le symbole de la Femme pour le jeune poète provincial, la Femme fatale, la femme aux accents de Paris qui lui apprendra tout. Leur liaison souvent orageuse dure huit ans.

SUR LE SOMMET D'UNE ROCHE SAUVAGE

Sur le sommet d'une roche sauvage,
Nous voilà seuls, raidis et chancelants,
Nos corps serrés et serrés nos visages.
Nul pleur, nul cri, nul mot même hésitant,
Un souffle, un seul : la chute nous attend.

Des liens de chair et de sang nous protègent
Tant qu'ils sont là, noués solidement :
La peur bleuit nos lèvres à présent.
Embrasse-moi et le silence émerge,
Dis un seul mot : la chute nous attend.


                                   Adaptation de Chris-France Revol



VAD   SZIRTTETÖN   ALLUNK

Vad szirttetön mi ketten
Allunk árván, meredten,
Allunk összetapadtan,
Nincs jajunk, könnyünk, szavunk :
Egy ingás és zuhanunk.

Véres hùs-kapcsok óvnak,
Amig összefonódnak :
Kékes, reszketö ajkunk.
Mig csókolsz, nincsen szavunk,
Ha megszólalsz : zuhanunk.


                                                     1906 

Rédigé par Flora

Publié dans #traductions

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flora 02/06/2009 17:18

Merci de la visite, José.
C'était un amour vénéneux comme toutes les amours possessives...

José+Le+Moigne 01/06/2009 01:22

Superbe poème et femme superbe.
Amitiés nocturnes
José