Krisztina Tóth : L'Autre et le Même

Publié le 20 Mars 2009


L'autre jour en métro je voyais ton visage dans ce visage sans nom.
Certains jours c'est ainsi par faux-semblant tout se confondait.
Visage qui parle d'un autre visage tu descends tu t'approches mais non.
C'était jadis - ce qui fut ne peut plus être désormais.

De même cet ancien camarade de classe je l'ai vu toujours enfant face à moi.

Aurais-je pu vraiment croire qu'il puisse en être ainsi?
Comme j'aurais aimé mon Dieu être à côté de toi.
Tu es dans le métro et tout à coup tu n'es plus le même tu as vieilli.

Souvent je songe à ce que ces deux corps pourraient encore se dire.
Ton odeur sans doute est-elle tout autre aujourd'hui.
Et ces deux corps c'est probable ne pourront plus rien se dire.
Là où mon fils est né il y a une fine cicatrice.

Mes hanches un peu s'élargissent je ne sais qu'en penser.
Je n'en ressens et peu m'importe ni joie ni lassitude.
Quelle étrange impression de voir ce visage étranger.
Tes yeux inconnus voyaient mes lèvres inconnues mon visage souriant

                                                             traduction: Lionel Rey

Extrait de
"Le rêve du Minotaure" éditions Caractères,
repris dans "
Kaléidoscope"
 par Andrée Marik, Cognac 2003



Krisztina Tóth représente une des voix les plus fines et intimes de la poésie hongroise contemporaine. Née en 1967, elle fait des études de lettres modernes et de beaux-arts. Elle séjourne en France dans le cadre d'une bourse d'études, puis elle publie plusieurs recueils de poésie et une anthologie de la poésie française contemporaine (une trentaine d'auteurs). Lauréate de plusieurs prix.

Rédigé par Flora

Publié dans #traductions

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La Merlinette 20/03/2009 21:31

une belle nostalgie d'un passé possible

Flora 21/03/2009 07:11


Une vue féminine sur ces petites choses de la vie?... En principe, je n'aime pas trop la distinction entre écriture "féminine" et "masculine" mais dans ce cas précis, il faut avouer que...


José Le Moigne 20/03/2009 10:31

Bonjour Rosza,
Ce poème fait écho me semble-t-il à ton texte d'hier. il est très beau. lionel Ray est un très bon poète et cela se sent dans sa traduction. Dommage que l'attachement aux rimes enlève à ce texte une fluidité que l'on devine. Il me semble quelquefois que seul le vers libre peu rendre totalement la pureté d'un poème même rimé à l'origine, mais beaucoup d'exemples me donnent tord. Moi non plus, cloué à ma chaise par ce pied qu'il va falloir opérer vite, je n'ai pas profité pleinement du Salon cette année. Ainsi va la vie. je ne suis pas le mieux placé en ce moment pour t'insuffler l'espoir, mais je m'y essaie quand même. Sinon, à quoi servirait l'amitié?
José

Flora 20/03/2009 19:20


Bonsoir, José. Je n'ai pas pu m'absenter souvent, étant seule la plupart du temps sur mon stand (sauf samedi et dimanche et les quelques visites). Ce n'est pas le désespoir, c'est plutôt une envie
de sortir de la routine et des corvées devenues trop pesantes...
J'espère que ton pied va être réparé mais c'est beaucoup de mois de plâtre, à ce qu'il paraît...