7 juillet, une date à part

Publié le 7 Juillet 2013

7 juillet, une date à part

Ce jour, depuis des années, je dépose virtuellement un petit bouquet de mots sur la tombe de Gilbert. J'ai commencé ce blog le 6 juillet 2008. Cela faisait alors deux ans que j'avais entamé mon apprentissage de la vie solitaire, après trente trois années d'une vie à deux que les épreuves ont rendues très intenses.

Lorsque je relis, sur ce blog, les notes de 7 juillet, je retrace les stations du deuil, depuis la douleur vive des débuts que les mots aident à atténuer progressivement. Sept années qui ne m'ont pas libérée pour autant. Je ne crois point qu'il existe un au-delà où les défunts nous attendraient... Je ne suis pas nourrie de tendances morbides qui me feraient préférer la compagnie des morts à celle des vivants, je n'ai aucune tentation de guetter des signes, ni de faire tourner des tables. Lorsque l'on nous conseille de "laisser partir les morts", je me méfie: que veut-on dire par là? Qu'il existe des "entités" (dont je doute fort), que nous retenons, en les intégrant trop fort dans nos pensées, nos chers défunts dans un monde qui n'est plus le leur; que nous les obligeons à errer, en quelque sorte, en les empêchant de regagner une dimension inconnue, celle de la quiétude de l'éternité.

La cartésienne que je suis au fond de moi, me dit que j'ai tout simplement besoin de ces points de repère du passé qui m'empêchent, moi plutôt, d'errer, perdue dans le monde des vivants. Sa bataille - notre bataille - contre la maladie, la fin inéluctable prédite dès le début, me sert encore et toujours d'exemple, de colonne vertébrale dans les moments de découragement. Il m'a légué le plaisir des mots. J'y ajoute l'émotion qu'il fuyait, se réfugiant dans l'humour noir. Je suis le cours du temps.

Rédigé par Flora bis

Publié dans #mémoire, #réflexion, #souvenir

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