Hommage à Miklós Radnóti

Publié le 9 Novembre 2014

Le 9 novembre 1944, Miklós Radnóti, un des plus grands poètes hongrois du vingtième siècle tombe sous les balles de la milice qui accompagne la marche forcée des prisonniers juifs. Il est enseveli dans une fosse commune et on le retrouvera bien plus tard, avec son carnet contenant ses derniers poèmes dans la poche de son pardessus. Il a 35 ans.

Septième églogue

(...)

Le camp est endormi - le vois-tu, mon amour? - l'air est froissé de rêves;

un qui ronfle là-bas sursaute et puis se tourne sur la planche étroite et déjà

se rendort, et son visage rayonne. Assis là je suis seul éveillé;

je sens la cigarette à demi fumée dans ma bouche au lieu du goût de tes baisers,

et point ne vient le sommeil qui soulage,

car je ne sais plus ni mourir, ni vivre sans toi désormais.

Lager Heidenau, dans la montagne au-dessus de Zagubica, juillet 1944

(traduction: Jean-Luc Moreau)

Hetedik ecloga

(...)

Alszik a tábor, látod-e drága, suhognak az álmok,

horkan a felriadó, megfordul a szűk helyen és már

ujra elalszik s fénylik az arca. Csak én ülök ébren,

féligszítt cigarettát érzek a számban a csókod

íze helyett és nem jön az álom, az enyhetadó, mert

nem tudok én meghalni se, élni se nélküled immár.

Lager Heidenau, Zagubica fölött a hegyekben, 1944 július

photo d'identité retrouvée dans sa poche lors de l'exhumation de la fosse commune

photo d'identité retrouvée dans sa poche lors de l'exhumation de la fosse commune

Rédigé par Flora bis

Publié dans #traductions, #hommage

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