Gyula Illyés: Dans la barque de Charon (extrait)

Publié le 9 Mai 2014

   "Je sentais les odeurs du crayon. Je les ai senties une par une; l'odeur du vernis, celle du bois taillé, celle de la mine de plomb friable. Je sentais même les odeurs du canif, une par une; celle, métallique, de la lame, celle du manche en corne et même l'odeur de ce que j'avais coupé auparavant.

   Et les minutes étaient pleines de la même manière. Je jouissais du temps, j'avais faim et soif de la moindre de ses parcelles et cela, non seulement avec l'unique organe de l'odorat mais avec tous les vingt mille autres.

   Et j'étais capable de percevoir le temps. Et je connaissais sa valeur. La valeur de chaque heure? Celle de chaque instant. (...)" 

 

"Éreztem a ceruza illatait. Külön-külön valamennyit; a festék illatát,

a megfaragott fáét, a porló grafitét. A bicsak illatait is éreztem; egyenként

ezen is a penge vasáét, a nyél szarujáét és hogy előzően mit vágtam vele.

És éppen így voltak telítve a percek is. Az időt éppígy élveztem; így

éheztem-szomjaztam minden darabkájára s nemcsak azzal az egy szagló

érzékszervemmel, hanem mind a húszezerrel.

S föl is tudtam fogni az időt. És értékét is tudtam. Minden órájának?

Minden pillanatának. (...)"

 

 

 

Gyula Illyés: Dans la barque de Charon (extrait)

Rédigé par Flora bis

Publié dans #traductions

Repost 1
Commenter cet article