Mon père

Publié le 19 Février 2014

Mon père

Le 18 février, hier, mon père aurait eu 92 ans. Il est tombé soudain, après avoir préparé le café du matin. Son coeur s'est arrêté, après quelques années de fatigue intense qui faisaient ressembler ses électrocardiogrammes à des montagnes russes déréglées...

C'est arrivé le 4 novembre 1995, le même jour qu'à Yitzak Rabin. J'avais l'impression que ce dernier l'avait injustement éclipsé pour le monde entier. Sauf pour moi et quelques autres personnes. Il n'avait que 73 ans.

Nous nous ressemblions trop pour que cela ne génère des disputes sans fin à mon adolescence. Chacun de nous voulait avoir le mot de la fin. C'est lui qui l'a eu.

Une foule d'images se bousculent dans ma tête. Gros plans sur un détail, sensations lointaines et si vivantes pourtant. Il faudrait des dizaines et des dizaines de pages.

La phrase de ma mère comme une habitude: "Demande à ton père, il le saura." Et il savait nous dépatouiller des devoirs de maths et de physique piégeux, dessiner le paysage d'hiver avec l'étang gelé pour illustrer la rédaction, fabriquer un traîneau pour les glissades et réparer les queues de casseroles... En hiver, il confectionnait des corbeilles en osier et des balais qu'il vendait au marché. Sans parler des citrouilles au goût du miel, cuites dans le fourneau construit savamment de ses mains, que les clients venaient chercher à la maison.

Il vivait, respirait au rythme de la nature. Il aimait cette fatigue-là, après une journée torride bien remplie, où "tomber de fatigue" est à prendre au pied de la lettre. Et le sommeil profond est un grand réparateur.

C'était un conteur hors pair. Il m'a donné, entre autres, le goût des histoires.

Rédigé par Flora bis

Publié dans #mémoire

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