Passage

Publié le 21 Décembre 2013

Passage

Nous avons beau savoir qu'entre le 31 décembre et le 1 janvier, il n'y a qu'une nuit d'écart, que ce sont tout simplement deux jours qui se suivent, nous nous ingénions à faire de cette nuit une fête pour faciliter le passage dans une nouvelle ère. Comme si nous franchissions une barrière, effaçant l'ardoise, pour avoir le droit au renouveau.

Nous faisons subrepticement le bilan de l'année écoulée, avec l'espoir naïf et toujours renouvelé que nous pourrions tirer des leçons de nos erreurs et manquements, que le destin serait rassasié de nos tourments et qu'il nous accorderait un peu de répit… Qui sait, il pourrait même nous sourire un peu?...

"L'espoir fait vivre." Ce lieu commun usé jusqu'à la corde n'en reste pas moins vrai. C'est un élan vital même si au fond, nous restons lucides: l'espoir n'engage que ceux qui y croient. Les croyants l'appellent l'espérance, placée dans un esprit ou être supérieur et tout-puissant qui distribue ses bienfaits ou punit, selon nos mérites ou nos manquements.

Je cite Esti Kornél, personnage de Dezső Kosztolányi, grand poète et écrivain hongrois que j'ai plusieurs fois présenté lors de nos soirées littéraires (traduit par moi):

"Je veux simplement dire: le bonheur, c'est cela. Il pousse au pied de souffrances extraordinaires, et il est lui-même aussi extraordinaire que la souffrance qui s'évanouit soudain. Le bonheur ne dure pas longtemps car nous nous y habituons. Il n'est que passage, intermède. Peut-être n'est-il que l'absence de la souffrance."

Quant à moi, pauvre pécheresse, je m'en contenterais, en laissant derrière moi une terrible année 2013...

Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions

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