Méditations de fin de novembre

Publié le 24 Novembre 2013

Méditations de fin de novembre

Dehors, de plus en plus frisquet. On se calfeutre pour regarder les arbres se dénuder sous les coups de vent humide.

Les bruits de la fureur du monde pénètrent par écran et ondes de radio interposés: catastrophes, guerres, attentats, folies des hommes… Maladies des proches, des amis, deuils de novembre. Comment faire pour ressentir quand-même un peu de bonheur?...

Pendant des années, je me suis interdit de m'abandonner vraiment aux sentiments de joie - ne parlons même pas de bonheur, ce dernier suppose, à mon sens, un peu de durée. J'avais l'impression que baisser la garde entraînerait aussitôt une sanction, que le malheur n'attendait que ce moment de légèreté pour frapper… Comme s'il fallait mériter le bonheur.

Cela fait sept mois que nous avons enterré ma mère. Il m'arrive encore de stopper net un élan joyeux: "Comment oses-tu alors qu'elle souffre de ton abandon?"… Le dimanche, avec la baisse du jour, point l'angoisse sourde: "Il faut que tu l'appelles, pour l'entendre égrainer ses plaintes interminables contre le monde entier"… Pour essayer de la porter à bout de bras, à 1600 km de distance, impuissante de lui offrir le seul apaisement: ma présence, ma vie...

Cela ne s'efface pas facilement. Il y a des gens qui imprègnent notre vie comme le lierre le tronc d'arbre. L'arracher laisse des cicatrices même si l'arbre respire mieux.

Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions

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