Vendredi 27 mars 2009
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Le nom de Sándor Petöfi
est sans doute le symbole du poète pour tous les Hongrois : il n'y en a pas un seul qui
ne connaîtrait plusieurs de ses titres, qui ne serait en mesure de réciter de ses vers. Il n'y a pas une localité dont une rue, une place ne porterait son nom. Pendant sa courte vie, il a écrit
d'innombrables poèmes, à une période où la langue hongroise était menacée de disparaître sous la pression hégémonique des Habsbourg, survivant parmi le peuple où Petöfi puisait souvent son
inspiration.
Il participe activement à la révolte et à la guerre d'indépendence qui s'en suit contre l'empire habsbourgeois et il disparaît sur un champ de bataille : de l'âme
flamboyante de la guerre patriotique il devient le symbole du martyre de tout un peuple, à 26 ans...
Le poème qui suit a été écrit en 1847. Petöfi vient de se marier avec Jùlia Szendrey. La magnifique fougue amoureuse se teinte de mélancolie, inspirée par le paysage d'automne et
prend une force particulière pour le lecteur qui sait : son testament se rélisera moins de deux ans plus tard. Jùlia, jeune veuve avec un enfant, se remariera quelque temps
après, poussée par la nécessité matérielle. Les adorateurs de Petöfi ne le lui pardonneront jamais...
Parfois, par des nuits d'insomnie, je me récite ces vers qui me bercent délicieusement et tristement dans les bras de la nostalgie de la langue maternelle...
Szeptember
végén
Fin septembre
Még nyilnak a völgyben a kerti
virágok, Le val est riche encor des fleurs de ses jardins,
Még zöldel a nyárfa az ablak
elött, Et vert le peuplier dans la fenêtre
ouverte.
De látod amottan a téli
világot? Mais
le monde d'hiver, l'aperçois-tu qui vient?
Már hó takará el a bérci
tetöt.
La neige sur la cime au loin donne l'alerte.
Még ifjù szivemben a lángsugarù
nyár Encor l'été brûlant brûle mon jeune coeur,
S még benne virit az egész
kikelet, Mais si la sève en lui
monte et le renouvelle,
De ime sötét hajam öszbe vegyül
már, Déjà des fils d'argent dans mes cheveux
révèlent
A tél dere már megüté
fejemet. Que
les froids de l'hiver vont montrer leur vigueur.
Elhull a virág, eliramlik az
élet... Car
s'effeuillent les fleurs et s'enfuit notre vie...
Ülj, hitvesem, ülj az ölembe
ide! Viens
donc, ô mon aimée, te blottir sur mon sein.
Ki most fejedet kebelemre tevéd
le, Toi qui tout contre moi
mets ta tête chérie
Holnap nem omolsz-e sirom
fölibe? N'iras-tu te pencher sur ma
tombe demain?
Oh, mondd : ha elöbb halok el,
tetemimre Si je meurs le premier, de ces deux que nous sommes,
Könnyezve boritasz-e
szemfödelet? Mettras-tu, dans les
pleurs, un linceul sur mon corps?
S rábirhat-e majdan egy ifjù
szerelme, Si un autre t'aimait, se pourrait-il
alors
Hogy elhagyod érte az én
nevemet? Que tu quittes mon nom
pour le nom de cet homme?
Ha eldobod egykor az özvegyi
fátyolt, Si ce voile de veuve un jour tu
le jetais,
Fejfámra sötét lobogóul
akaszd, Comme
un drapeau de deuil laisse-le sur ma tombe.
En feljövök érte a siri
világbol Je
viendrai le chercher, du noir où tout se tait,
Az éj közepén, s oda leviszem
azt, Au cours de cette
nuit où notre amour succombe,
Letörleni véle könnyüimet
érted Pour
essuyer les pleurs versés sur notre amour,
Ki könnyeden elfeledéd
hivedet, Sur
toi facilement oublieuse et parjure,
S e sziv sebeit bekötözni, ki
téged Pour
panser de mon coeur l'horrible déchirure -
Még akkor is, ott is, örökre
szeret! T'aimant
même là-bas, même alors et toujours.
traduction : Eugène Guillevic
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